Album – Pladenn

« Naoned » – Premier album

Le Duo HIP-NOZ réunit Frédérik Bouley au violon, et Gwenael Kivijer au chant et à l’accordéon chromatique. Le duo a sorti un album intitulé NAONED en 2024, qui consacre leurs dix années de partage musical et de création, mettant à l’honneur la ville de Nantes.

L’album comprend 15 pistes, soit environ 58 mn de musique, du duo, avec la participation de chanteurs et musiciens invités : voir détails ci-dessous. Pour se procurer l’album : en dépôt-vente à l’ACB de Nantes, ou auprès des musiciens en nous contactant par mail.


Où acheter l’album ?

  • Agence Culturelle Bretonne de Loire-Atlantique

24 quai de la Fosse – 44000 Nantes – 02 51 84 16 07

Ouvert du mardi au vendredi de 13h à 18h. Sur rendez-vous en dehors de ces horaires.

  • Par courrier

Envoyer un mail à contact@hip-noz.bzh

Tarif : 10 € + 3 € de frais de port


L’album en détail

Suite Gavottes montagnes / Dañs tro ar menez

Tous les airs sont essentiellement issus du répertoire des accordéonistes et des sonneurs de couple binioù-bombarde. Le second air du ton kentañ est du répertoire de l’accordéoniste chromatique mythique du Centre-Bretagne Pier Min (Yves Menez) qui a transmis à Gwenael par Patrick Lefebvre. Le tamm kreiz était chanté par les célébrissimes Soeurs Goadeg. Dans le ton diwezhañ, le troisième air a été transmis à Gwenael par l’accordéoniste diatonique Yann-Fañch Perroches avec qui il a joué plusieurs années. Le ton tripl chanté par Stefan Geoffroy et Visant Roué est celui des célèbres Frères Quéré. 

Invités : Jean-Marie Nivaigne (percussion), Stefan Geoffroy et Visant Roue (kan ha diskan)

Les deux mazurkas sont des clins d’oeil à une époque où Nantes était tournée vers la mer. La première mazurka « Le gâteau nantais » est une composition de Gwenael qui rend hommage au Gâteau nantais et particulièrement à celui de Jean-Michel, traiteur du quartier Toutes-Aides, meilleur gâteau nantais du monde. L’histoire de ce gâteau et particulièrement l’apport du Rhum des Antilles est lié à l’histoire coloniale du commerce triangulaire de Nantes au XVIIème siècle. Ce n’est plus bien entendu ici un hommage, mais un rappel de l’histoire. La seconde mazurka fait justement clairement référence aux liens maritimes qu’entretenaient Nantes, et ici particulièrement le village de pêcheurs de Trentemoult, qui était, au XVIIIème siècle, le principal foyer de pêche cotière et fluviale de l’Amirauté de Nantes.

« Approchez pour entendre la chanson d’une fille belle comme le jour »

Les chansons traditionnelles, dont celle-ci interprétée en hanter dro, ne sont pas toutes fleur bleue, loin s’en faut. Ces chansons racontaient le monde et ses âpretés, tel un journal de la presse quotidienne. Celle-ci parle justement de ces violences du quotidien et du viol, d’un frère sur sa sœur en l’absence de leurs parents. Il finit pendu et brûlé sur la place publique un jour de grand marché, à Nantes.

Complainte traditionnelle collectée par Pierre Guillard auprès d’Antoinette Perroin de Couffé (44) – avec un bout de parole transformé –

Invité : Etienne Arnoux (guitare électrique)

Suite de Loudéac

3 airs composés par Fred :

Le premier, La Danse des tritons crêtés, parlera à ceux qui ont fréquenté Notre-Dame des Landes alors que cette espèce protégée, sorte de batracien punk, fut érigé en animal totem pour défendre la ZAD, aux côtés du campagnol amphibie notamment…

Le deuxième air s’appelle La mémoire des anneaux parce qu’on ne peut pas oublier le commerce triangulaire, dont un symbole sont les anneaux auxquels étaient attachés les esclaves dans les bateaux d’armateurs nantais, entre l’Afrique et les Antilles. Une association, Les Anneaux de la Mémoire développe des projets culturels autour de cette thématique.

Enfin le troisième air se veut répétitif et obsédant, presque revendicatif ! D’où son titre : Place du Peuple, qui évoque la célèbre photo prise en mai ou juin 1968, devant la fontaine de la Place Royale à Nantes. On y voit Bernard Lambert et les « paysans travailleurs » lors d’un rassemblement avec des manifestants Nantais et des étudiants rebaptiser la place royale en « Place du Peuple ».

Le titre, De la Loire à l’Orenoque, est un clin d’œil à l’écrivain nantais Jules Verne, qui, lorsqu’il habitait sur la butte Saint-Anne face à la Loire, rêvait d’explorations de contrées lointaines, comme lorsqu’il écrivit ce roman dont le héros remonte le fleuve Orénoque à travers la forêt primaire de Colombie et du Venezuela, pour en découvrir la source.

Le premier air est une composition de Gwenael qui s’appelle La Grue Jaune, en référence à Titan, cette magnifique grue jaune du patrimoine de l’industrie navale nantaise sur les bords de Loire, prise en photo le 29 septembre par Myke Guillemont pour la pochette de l’album. « Mon cher amant va venir ce soir » était une chanson que Gwenael interprétait sur scène aux côtés de la chanteuse de l’Aven Brigitte Kloareg et de l’accordéoniste diato lorientais Yann-Fañch Perroches dans leur trio Diamig.

On ne dispose pas d’un grand choix d’airs de riqueniée dans le répertoire  traditionnel, d’où l’idée d’en composer un nouveau. Berligou blues est un hommage au cépage dont les sept derniers pieds de vigne ont été sauvés in extremis par quelques passionnés, à Couëron près de Nantes.

Un peu à la manière des suites écossaises et particulièrement dans la tradition de Nouvelle-Ecosse (Nova Scotia), voici 4 airs du Pays vannetais sur la même tonalité. Pour commencer une mélodie Amzer Gwechall (les temps anciens) qui était interprétée par le grand sonneur de Binioù-braz Herri Léon qui avec Donatien Laurent avaient créé le Scolaich Beg an Treis, en 1961 à Porspoder, dans le Léon en Nord-Finistère, d’où Gwenael est originaire. C’est bien entendu aussi un hommage au grand sonneur nantais Emile Allain. Le second air, une marche, a été entendue, jouée par un bagad au Festival Interceltique de Lorient, en 2014, alors que Gwenael se rendait à une conférence sur la création de Telefis na Gaeilge (la télévision en gaélique) près de Galway, par le poète et Président actuel d’Irlande Michael D. Higgins. Les deux autres an droioù sont du répertoire traditionnel des sonneurs de couple.

La première chanson était interprétée il y a très longtemps par Erik Marchand. Le deuxième air a été entendu par Fred et le troisième était chanté par Véronique Bourjot, fabuleuse chanteuse du pays de Vannes, entre autres dans le magnifique album de La Jolie Vilaine.

Frédérik et Gwenael se sont rencontrés il y a plus de 15 ans dans les sessions irlandaises de Nantes. Alors il était bien normal de mettre de la musique irlandaise dans cet album. Idéal pour danser un cercle circassien, voici trois jigs composées par Gwenael, Fred, puis par l’irlandais Ian Stevenson. Le premier air s’appelle tout simple « Naoned » en hommage à Nantes, la ville qui a fait se rencontrer Gwenael et Fred il y a près de 15 ans en session irlandaise. Le second air, Back from the Picos, est venu à Fred alors qu’il conduisait sur la route du retour des Asturies, après 2 semaines de randonnée du côté des Picos de Europa. La troisième jig, Cromwell’s Barrels, est une composition de Ian Stevenson, un ami irlandais qui habite à Fouras près de La Rochelle, mais a longtemps chanté et joué à Nantes avec le regretté chanteur et joueur de cistre Malcolm Wray, originaire de Derry.

Invité : Rémy Brannón (guitare)

« La Scottiche de Sherbrooke » a été composée en 2018, rue de l’Habitat, quartier Ascot à Sherbrooke, près du Mont Bellevue, lorsque Gwenael habitait au Québec. C’est un hommage aux musiciens musicien.nes de Sherbrooke, Alex Kehler, Félix Michaud, Ariane Deslions, Nicholas Williams… Nous avons voulu lui donner un style « québécois » avec podorythmie, piano et basse. Le second thème, la Scottiche des pois-chiches, est une composition de Fred dont l’inspiration est venue après avoir écouté la première. Le choix du titre en est amplement justifié : d’une part pour la rime, d’autre part par la conversion précoce de sa fille au régime végétarien, et enfin en souvenir d’un traveller anglais venu pour un festival en centre-Bretagne, qui cherchait désespérément à se procurer un bocal de pois-chiches dans un des derniers bar-épiceries d’un petit bourg.

Invités : James Wood (piano), Sylvain Poslaniec (basse)

Cette chanson traditionnelle est interprétée par Stefan Geoffroy et Visant Roué issu de leur répertoire de chant. Nous remercions chaleureusement la participation de Moe pour les magnifiques vocalises !

Invité.e.s : Maureen Follezou (vocalises), Stefan Geoffroy et Visant Roue (kan ha diskan)

Pour clore cet album, voici une marche chantée du pays de Redon, entendue chantée par Charles Quimbert, été 2018, pendant le magnifique festival « Chants de vielles » à Saint-Antoine de Richelieu, au Québec. Charles y animait un stage de chant, Gwenael passant par là a retenu l’air. Merci Charles.